Le lexique

Les 83 symboles de l’actuariat et des marchés, expliqués simplement : la notation de l’assurance vie, les taux, les obligations, les produits dérivés, le calcul stochastique, les modèles de taux et de volatilité, la tarification, le provisionnement, la réassurance et la gestion des risques.

Lexique
  • äxrente viagère
  • Axassurance décès
  • nExcapital différé
  • q60 = 1 %probabilité de décès
  • tVxprovision mathématique
  • a10 = 7,7217rente certaine à 5 %
  • v = 1 / (1 + i)actualisation
  • δ = ln(1 + i)force d’intérêt
  • D = 1,9524duration
  • Dmod = 1,8594sensibilité
  • OAT · Bundtaux souverains
  • €STRtaux au jour le jour
  • 1 pb = 0,01 %point de base
  • Δ Γ ν Θ ρles grecques
  • Call · Putoptions
  • IRS · swaptiondérivés de taux
  • Wt ~ N(0, t)mouvement brownien
  • dr = a(b − r) dt + σ dWmodèle de Vasicek
  • VaR · ESexamen FRM
  • f1 = 1,4727Chain Ladder
  • IBNRsinistres tardifs
  • 4 M€ XS 1 M€excédent de sinistre
  • QP 40 %quote-part
  • E[S] = E[N] · E[X]modèle collectif
  • VaR99,5 %Solvabilité 2
  • € · UCfonds en euros et unités de compte

Assurance vie

La notation actuarielle internationale : x désigne l’âge de l’assuré, n une durée, v le facteur d’actualisation.

lx

Nombre de survivants

Dans une table de mortalité, nombre de personnes encore en vie à l’âge x, sur une génération fictive. On note dx les décès entre x et x + 1.

dx = lx − lx+1

Exemple : l60 = 90 000 et l61 = 89 100 : 900 décès dans l’année.

Voir aussi :Exercice : un capital différéCours : Actuariat vie

qx

Probabilité de décès

Probabilité qu’une personne d’âge x décède avant son prochain anniversaire.

qx = dx / lx

Exemple : q60 = 900 / 90 000 = 1 %.

Voir aussi :Cours : Actuariat vie

tpx

Probabilité de survie à t ans

Probabilité qu’une personne d’âge x soit encore en vie dans t ans.

tpx = lx+t / lx

Voir aussi :Cours : Actuariat vie

Ax

Assurance vie entière

Valeur actuelle probable de 1 € versé à la fin de l’année du décès, quelle que soit sa date.

Ax = Σk≥0 vk+1 · kpx · qx+k

Voir aussi :Cours : Actuariat vie

A1x:n

Temporaire décès

Valeur actuelle probable de 1 € versé à la fin de l’année du décès, si celui-ci survient dans les n ans.

A1x:n = Σn−1k=0 vk+1 · kpx · qx+k

Exemple : Sur un an, capital de 100 000 €, qx = 0,2 %, taux 1 % : 100 000 × 0,002 / 1,01 ≈ 198,02 €.

Voir aussi :Leçon : la prime pureCours : Actuariat vie

äx

Rente viagère payable d’avance

Valeur actuelle probable d’une rente de 1 € par an, versée en début d’année tant que l’assuré est en vie.

äx = Σk≥0 vk · kpx

Voir aussi :Cours : Actuariat vie

ax

Rente viagère à terme échu

La même rente, versée en fin d’année : on perd le paiement immédiat.

ax = äx − 1

Voir aussi :Cours : Actuariat vie

Px

Prime annuelle

Prime pure annuelle constante, payée d’avance, d’une assurance vie entière. L’équivalence actuarielle égalise la valeur des primes et celle des prestations.

Px = Ax / äx

Voir aussi :Cours : Actuariat vie

tVx

Provision mathématique

Ce que l’assureur doit mettre de côté à la date t : la valeur de ses engagements futurs moins celle des primes qu’il recevra encore.

tVx = Ax+t − Px · äx+t

Voir aussi :Cours : Actuariat vie

APE

Annual premium equivalent

Mesure du volume d’affaires nouvelles : les primes annuelles, plus 10 % des primes uniques et des transferts.

APE = primes annuelles + 10 % × primes uniques

Exemple : 0,8 M€ de cotisations et 5 M€ transférés : APE = 1,3 M€.

Voir aussi :Cours : Tarification vie

NBV

New business value

Valeur créée par une affaire nouvelle : la valeur actuelle de ses résultats futurs, coûts d’acquisition compris.

Marge NBV = NBV / APE

Voir aussi :Cours : Tarification vie

TVOG

Coût des options et garanties

Ce que coûtent les garanties d’un contrat, comme la garantie en capital d’un fonds en euros : l’écart entre la valeur du scénario central et la valeur moyenne sur de nombreux scénarios.

TVOG = NBVcentrale − NBVstochastique

Voir aussi :Cours : Tarification vie

Taux et rentes certaines

Les briques des mathématiques financières, de l’actualisation aux rentes.

i

Taux d’intérêt effectif

Taux annuel auquel 1 € placé aujourd’hui fructifie, intérêts composés.

1 € aujourd’hui vaut (1 + i)n € dans n ans

Exemple : À 5 %, 1 000 € deviennent 1 000 × 1,0510 ≈ 1 628,89 € en 10 ans.

Voir aussi :Cours : Mathématiques financièresCours : Exam FM

i(m)

Taux nominal

Taux annuel convertible m fois par an : on applique i(m) / m à chaque période.

(1 + i(m) / m)m = 1 + i

Exemple : 12 % convertible mensuellement : 1,0112 − 1 ≈ 12,68 % effectif.

Voir aussi :Cours : Mathématiques financièresCours : Exam FM

Obligations et marchés de taux

Prix, rendement et sensibilité : ce que regardent les gérants de taux.

y

Taux de rendement actuariel

Le taux unique qui égalise le prix de l’obligation et la valeur actuelle de ses flux. En anglais : yield to maturity (YTM).

P = Σt Ft · (1 + y)−t

Voir aussi :Cours : Exam FM

pb

Point de base et spread

Un point de base vaut 0,01 %. Le spread est l’écart de rendement entre deux obligations, exprimé en points de base.

1 pb = 0,01 %

Exemple : Un taux qui passe de 3,00 % à 3,25 % monte de 25 pb.

OAT

OAT et Bund

Les obligations d’État française (obligations assimilables du Trésor) et allemande. Leurs taux à 10 ans servent de référence pour les taux longs de la zone euro.

€STR

€STR et Euribor

Les taux courts de la zone euro : l’€STR, taux au jour le jour publié par la BCE, et l’Euribor, taux auquel les banques se prêtent, d’une semaine à douze mois.

DV01

DV01

Variation de valeur d’une position quand les taux bougent d’un point de base.

DV01 = Dmod × valeur × 0,0001

Exemple : Duration modifiée 6,5 et valeur 9,8 M€ : DV01 = 6 370 €.

Voir aussi :Cours : FRM Partie I

Marchés et produits dérivés

Options et grecques : le vocabulaire des salles de marché.

S0 · K · T

Les données d’une option

S0 est le cours actuel du sous-jacent, K le prix d’exercice et T l’échéance.

Call · Put

Option d’achat, option de vente

Le droit, et non l’obligation, d’acheter (call) ou de vendre (put) le sous-jacent au prix K à l’échéance.

Call : max(ST − K, 0)
Put : max(K − ST, 0)

Exemple : K = 100 et ST = 112 : le call paie 12, le put ne paie rien.

Voir aussi :Cours : Produits dérivés

C − P

Parité call-put

Relation entre un call et un put européens de même prix d’exercice et de même échéance, sur un sous-jacent sans dividende.

C − P = S0 − K · e−rT

Voir aussi :Cours : Produits dérivés

σ

Volatilité

Écart-type annualisé des rendements du sous-jacent. C’est le paramètre clé du prix d’une option.

σannuelle ≈ σquotidienne · √252

Voir aussi :Cours : Modèles de taux et de volatilité

Δ

Delta

Sensibilité du prix de l’option au cours du sous-jacent.

Δ = ∂V / ∂S

Exemple : Un call de delta 0,5 gagne environ 0,50 € quand le sous-jacent prend 1 €.

Voir aussi :Cours : Produits dérivés

ν

Véga

Sensibilité du prix de l’option à la volatilité.

ν = ∂V / ∂σ

Θ

Thêta

Effet du passage du temps sur le prix de l’option.

Θ = ∂V / ∂t

ρ

Rho

Sensibilité du prix de l’option au taux sans risque.

ρ = ∂V / ∂r

F0

Contrat à terme (forward)

Accord d’acheter ou de vendre un actif à une date future, à un prix fixé aujourd’hui. Il se négocie de gré à gré.

F0 = S0 erT, sans dividende

Exemple : S0 = 100, r = 3 %, T = 1 : F0 = 103,05.

Voir aussi :Cours : Produits dérivés

Future

Contrat future

Contrat à terme standardisé, négocié sur un marché organisé, avec des appels de marge quotidiens versés à une chambre de compensation.

Voir aussi :Cours : Produits dérivés

IRS

Swap de taux

Échange, sur un nominal, d’un taux fixe contre un taux variable pendant une durée donnée. Le taux fixe qui annule la valeur du swap est le taux de swap.

s = (1 − P(0, T)) / Σ P(0, ti)

Voir aussi :Cours : Produits dérivés

Swaption

Swaption

Option d’entrer dans un swap de taux à une date future, à un taux fixé d’avance. Les banques la valorisent souvent avec le modèle de Black.

Voir aussi :Cours : Produits dérivés

Américaine

Option américaine

Option qui peut être exercée à tout moment jusqu’à l’échéance. Elle vaut au moins autant que l’option européenne correspondante.

Voir aussi :Cours : Produits dérivés

Asiatique

Option asiatique

Option dont le paiement dépend de la moyenne des cours sur une période. Elle coûte moins cher que l’option européenne, car une moyenne varie moins qu’un cours isolé.

max(moyenne − K, 0)

Voir aussi :Cours : Produits dérivés

u · d

Modèle binomial

À chaque période, le cours monte d’un facteur u ou baisse d’un facteur d. On évalue une option en remontant l’arbre avec la probabilité risque-neutre.

q = (1 + r − d) / (u − d)

Voir aussi :Cours : Produits dérivés

N(d1)

Formule de Black-Scholes

Prix d’un call européen quand le cours suit un mouvement brownien géométrique.

C = S N(d1) − K e−rT N(d2)

Exemple : S = K = 100, r = 3 %, σ = 20 %, T = 1 : C = 9,41.

Voir aussi :Cours : Produits dérivés

Calcul stochastique

Les outils mathématiques des modèles de marché, du mouvement brownien à la probabilité risque-neutre.

Wt

Mouvement brownien

Processus aléatoire continu, qui part de 0, à accroissements indépendants et gaussiens : Wt − Ws suit une loi normale de variance t − s.

Wt ~ N(0, t)

Voir aussi :Cours : Calcul stochastique

E[Xt | Fs] = Xs

Martingale

Processus dont la meilleure prévision de la valeur future est sa valeur présente : un jeu équitable.

Exemple : Wt et Wt² − t sont des martingales ; Wt² n’en est pas une.

Voir aussi :Cours : Calcul stochastique

df(Xt)

Lemme d’Itô

Règle de calcul différentiel pour une fonction d’un processus aléatoire : elle ajoute un terme du second ordre, absent du calcul classique.

df = f′(X) dX + ½ f″(X) (dX)², avec (dW)² = dt

Voir aussi :Cours : Calcul stochastique

dS = μS dt + σS dW

Mouvement brownien géométrique

Le modèle de cours de Black-Scholes : le rendement instantané a une dérive μ et une volatilité σ, et le cours suit une loi lognormale.

St = S0 exp((μ − σ²/2) t + σ Wt)

Voir aussi :Cours : Calcul stochastique

AOA

Absence d’opportunité d’arbitrage

Hypothèse selon laquelle on ne peut pas gagner d’argent sans risque et sans mise de départ. Elle suffit à fixer le prix des produits réplicables.

Voir aussi :Cours : Calcul stochastique

Q

Probabilité risque-neutre

Probabilité sous laquelle les prix actualisés des actifs sont des martingales. Le prix d’un produit dérivé y est l’espérance de son paiement actualisé.

V0 = EQ[e−rT VT]

Voir aussi :Cours : Calcul stochastique

Modèles de taux et de volatilité

Les modèles qui font bouger taux et volatilités dans les salles de marché et les générateurs de scénarios.

dr = a(b − r) dt + σ dW

Modèle de Vasicek

Modèle de taux court à retour à la moyenne : le taux est attiré vers b à la vitesse a. Il est gaussien, donc il peut devenir négatif.

Voir aussi :Cours : Modèles de taux et de volatilité

σ √r dW

Modèle CIR

Modèle de Cox, Ingersoll et Ross : comme Vasicek, avec une volatilité proportionnelle à √r, qui maintient le taux positif.

Condition de Feller : 2ab ≥ σ²

Voir aussi :Cours : Modèles de taux et de volatilité

dv = κ(θ − v) dt + ξ √v dW

Modèle de Heston

Modèle à volatilité stochastique : la variance du cours suit sa propre dynamique, corrélée au cours. Il reproduit le smile de volatilité.

Voir aussi :Cours : Modèles de taux et de volatilité

λ · k

Modèle à sauts de Merton

Un brownien géométrique auquel s’ajoutent des sauts qui arrivent au hasard. Il rend compte des krachs et des queues épaisses des rendements.

Voir aussi :Cours : Modèles de taux et de volatilité

Non-vie : tarification et provisionnement

Du modèle collectif au GLM, et de l’exposition au triangle de liquidation.

S

Charge totale, modèle collectif

Somme d’un nombre aléatoire N de sinistres de montants X1, …, XN. Si N est indépendant des montants et que ceux-ci suivent la même loi :

E[S] = E[N] · E[X]

Exemple : Fréquence 7 %, coût moyen 3 000 € : prime pure de 210 € par contrat.

Voir aussi :Leçon : la prime pureExercice : du portefeuille à la primeLeçon : le simulateur Monte CarloCours : Probabilités pour l’actuariatCours : Tarification non-vieCours : Python pour l’actuariat

BF

Méthode de Bornhuetter-Ferguson

Méthode de provisionnement qui combine une charge attendue a priori, prime × ratio sinistres à primes, et la cadence de développement du triangle. Elle est plus stable que Chain Ladder pour les années récentes.

Provision = charge a priori × (1 − 1 / facteur cumulé)

Exemple : 2 000 × 70 % × (1 − 1 / 1,25) = 280.

Voir aussi :Exercice : la méthode de Bornhuetter-FergusonCours : Provisionnement non-vie

Réassurance

Comment un assureur s’assure à son tour : partager ses risques ou plafonner ses pertes.

SL

Stop loss

Traité non proportionnel sur la charge annuelle totale : le réassureur paie au-delà d’une priorité, souvent exprimée en pourcentage des primes, dans la limite d’une portée.

Paiement = min(max(S − priorité, 0), portée)

Exemple : Priorité de 70 % sur 2 000 k€ de primes et charge de 1 780 k€ : 380 k€.

Voir aussi :Leçon : la réassuranceExercice : un stop lossCours : Réassurance

BC

Burning cost

Coût historique d’une tranche de réassurance, sinistres revalorisés, rapporté à l’assiette de primes. C’est le point de départ de son tarif.

BC = Σ coûts de la tranche / Σ assiettes

Exemple : 4,5 M€ sur cinq ans pour 250 M€ d’assiette : 1,8 %.

Voir aussi :Exercice : tarifer une tranche au burning costCours : Réassurance

Risque et solvabilité

Les mesures de risque et le vocabulaire de Solvabilité 2.

SCR

Capital de solvabilité requis

Le capital qu’un assureur doit détenir sous Solvabilité 2 pour absorber une perte à 99,5 % sur un an. En anglais : Solvency Capital Requirement.

Voir aussi :Cours : Réassurance

BE · RM

Best estimate et marge de risque

Sous Solvabilité 2, les provisions techniques sont la somme du best estimate, valeur actuelle probable des flux futurs, et d’une marge de risque.

PT = BE + RM

Voir aussi :Cours : Provisionnement non-vie

EWMA

Volatilité EWMA

Estimation de la volatilité qui donne plus de poids aux rendements récents.

σt² = λ σt−1² + (1 − λ) rt−1²

Exemple : λ = 0,94 est la valeur retenue par RiskMetrics pour des données quotidiennes.

Voir aussi :Cours : FRM Partie I

DD

Distance au défaut

Dans le modèle de Merton, nombre d’écarts-types qui séparent la valeur des actifs d’une entreprise du montant de sa dette à l’échéance. Plus elle est grande, plus le défaut est improbable.

DD = [ln(V/D) + (μ − σ²/2) T] / (σ √T)

Exemple : V = 100, D = 80, μ = 6 %, σ = 25 %, T = 1 : DD = 1,01.

Voir aussi :Cours : FRM Partie II

CVA

Ajustement de valeur pour risque de crédit

Ce que vaut en moins un contrat dérivé parce que la contrepartie peut faire défaut : la perte attendue sur la contrepartie, sommée sur la durée du contrat. En anglais : Credit Valuation Adjustment.

CVA ≈ LGD × Σ EEi × PDi

Exemple : Exposition attendue de 10 M$ sur 3 ans, PD de 2 % par an, LGD de 60 % : CVA = 0,36 M$.

Voir aussi :Cours : FRM Partie II

LCR

Ratio de liquidité à 30 jours

Ratio de Bâle 3 : une banque doit détenir assez d’actifs liquides de haute qualité pour couvrir 30 jours de sorties de trésorerie en situation de crise. En anglais : Liquidity Coverage Ratio.

LCR = actifs liquides / sorties nettes à 30 jours ≥ 100 %

Exemple : 154 M$ d’actifs liquides pour 140 M$ de sorties nettes : LCR = 110 %.

Voir aussi :Cours : FRM Partie II

Les symboles, puis la pratique

Chaque cours applique ces notations sur des exemples chiffrés et des exercices corrigés. Commencez par un exercice gratuit pour voir la méthode.